jeudi 26 novembre 2009
Parapluie
Un temps plus tôt, je ne sais plus quand, elle était venue s’échouer près de moi, naufragée volontaire sous mon parapluie. La pluie criait tout autours et son vacarme engourdissait lentement mon humanité enlainée, lorsque, propulsée hors de la tourmente, elle était là, et nous étions deux; l’idée de cette femme s’était, pour ainsi dire, imposée à moi. Et, je le dis, le monde avait coulé en eau sur cet instant. D’ailleurs, je ne me souviens plus très bien si même il existait, le monde, ce jour-là. Sans un mot; nous étions suffisamment biens pour ne pas les nécessiter, ni le monde, ni les mots. Alors, quand s’était éteint le ciel, nous étions partis de concert vers une intimité concevable, par là-bas, dans un pub peut-être.
Voilà."
lundi 16 novembre 2009
mardi 27 octobre 2009
Obsédante, revenait la question : « Pourquoi sont ils morts tandis que je vis, pourquoi n’ai-je aucun des symptômes de ce mal qui les a emporté.» Pourquoi. Et personne ne serait là pour y répondre. Ne serait pas comblé ce vide qui grandissait en lui, menaçant de l’avaler.
Il avait songé se donner la mort, mais ne savait pas comment, n’était pas du genre brave. S’il vivait toujours, se disait-il, c’était par lâcheté. Pourquoi vivre quand le Monde est désert, que le Vivant s’en est allé des lieux que l’on a connus. Comment vivre.
vendredi 16 octobre 2009
samedi 10 octobre 2009
samedi 3 octobre 2009
dimanche 27 septembre 2009
mmm
Une soirée d’apathie vaporeuse à lire un vieux bouquin sans âme, molle atmosphère des soirées pluvieuses.
Pluie.
Chaque seconde était identique à la précédente, de sorte que jamais ne semblait s’écouler le temps, sacré temps, dont on vante les ravages. J’étais là sans y être, laissant mon esprit libelluler entre la page quarante-sept, que je relisais pour la troisième fois, et l’odeur de décomposition placide d’une cabane oubliée en forêt, où je n’avais jamais été. Un songe que je vivais éveillé.
Que l’on se penche un tant soit peu sur l’incommensurable d’abstractions simples, et c’est un monde que l’on découvre, comme je me découvrais dans ce cadre une certaine aisance; je m’y sentais bien, comme apaisé. À la cime de l’esprit, j’en avais oublié cette épave presqu’inerte qui me servait de corps.
Étrange.
dimanche 20 septembre 2009
Allo?
À la suite de combien de temps de vol arrivons-nous à braver les vautours du vital factice, sous quelle lumière paraît la vraie substance?
Et l’impératif sincère est-il enfouit assez loin qu’on ne puisse jamais en distinguer les contours réels, assez loin sous ses atours de princesse pour que restent dissimulés les mécanismes de fer qui forcent son sourire, donnent de l’ampleur à son torse finalement tout mince.
Il est peut-être si simple et candide que ses bourreaux, publicitaires, entrepreneursmen, ogres du matérialisme, s’en sont fait un meuble effacé que l’on bouge à son gré. Il est peut-être si austère et si naturel qu’on ne le perçoit qu’en de succinctes occasions, indistinct sous la couleur affriolante des modes et des couleurs de synthèse. J’aimerais partir pour le voir finalement. Parvenir, en allongeant mon bras sous cette étrange vie, à l’attirer à moi, à le connaître. Je suis certain qu’on s’entendrait bien.
vendredi 28 août 2009
samedi 8 août 2009
dimanche 12 juillet 2009
dimanche 17 mai 2009
lundi 20 avril 2009
dimanche 5 avril 2009
J’ai le brouillard dans les yeux, le focus ne se fait pas. Le sentiment étrange d’être prisonnier de moi. Mais la vie est jolie, la liberté à deux pas, châtaine des petits cheveux et peu vêtue. Je relisais des messages posté sur ce blog en 2006 et je me disais que ma vision de la vie s’était un brin affinée, ce qui est bien, mais que le fond restait le même, ce qui est rassurant.
Je vois, il y a de la houle dans une flaque d’eau phénoménale, là dehors. J’aimerais être dehors. J’aimerais être dehors en chandail de vent, cette chose fascinante qui frissonne sur le corps et réchauffe, et, maintenant à l’air, je n’ai pas froid, chaud, j’ai un chandail de vent. Le brouillard est toujours là, mais il embue les pensées vaines et voilà, affleurent les viscères sensibles de larges idées. Je foule, mais … je ne crois pas toucher sol. Je foule cette couche superficielle qui sépare le tangible raisonnable du réel éthéré et il me semble poursuivre cette envolée tranquille en phase avec le vent qui maintenant m’attife. Le vent, vieux vent.
lundi 23 mars 2009
Il y a, putride succube des sanitaires, les toilettes qui flushent avec l’initiative déraisonnée des matières inertes, et un entrain tout luciférien. De leur unique pupille, animée, semble-t-il, d’un feu infernal, elles observent et, dès l’approche, engagent un duel sans éclat, duel dont l’issue m’est d’ores et déjà connue. Et vidangent, et vidangent, parfois trois fois, et j’ai honte. Je suis complice du crime de la dilapidation placide de nos ressources, une quinzaine de litres d’eau partie chaque fois, je ne sais où, sans raison. Remords.
jeudi 5 mars 2009
Il me semble plus aisé, sans commune mesure, de m’écrire que de me conter. Les vocables qui déboulent en ruée confuse de ma bouche me semblent être cafouillis inextricable, et de régurgiter ces petites créatures nerveuses sous la pression du dialogue leur donne une toute autre teneur que celle qui est leur. J’aimerais être muet, évoluer en silence dans un monde que les mots n’expriment pas, et donner à ma tronche versatile la charge des bons émois, à mes doigts celle du bouillonnement.
- Du saumon et de la truite à faire rêver un pêcheur comme toi Damien! Et l'eau est tellement claire et fraîche que tu peux boire à même la rivière. Il n'y a que les moustiques qui soient terribles, mais heureusement ils ne viennent pas sur l'eau. On vous amènera un jour. Le matin, je préparais un bon déjeuner aux galettes de sarrasin, bien épaisses, avec du beurre de peanut ou de la mélasse. Avec ça et une petite pose "thé et chocolat" le midi, on avait de l'énergie pour ramer et sauter des rapides toute la journée. Le soir, pendant que je montais la tente sur un tapis de mousse, Carl partait le feu et après, on se préparait à manger. C'était drôlement bon de s'asseoir avec un bol de soupe et un morceau de poisson ou de canard cuit sur les braises. Puis on allumait une pipe et on levait le nez vers les étoiles. Il y avait parfois des aurores boréales ... Quand on était bien imprégnés du silence, on rentrait se glisser dans les duvets sous la tente. Ah! On était bien! On se parlait à peine ..."
jeudi 12 février 2009
dimanche 8 février 2009
jeudi 22 janvier 2009
samedi 27 décembre 2008
dimanche 14 décembre 2008
N’eût-il pas dû être une hallucination, le reflet de quelque fantasme psychologique au sens opaque? Une telle occurrence n’en pouvait être une, et cependant … cependant lorsque l’on touchait, il y avait le dur, le frais; s'en dégageaient les relents acres d’un passé séculaire, et les pierres moussues semblaient, véritablement, communier avec ce qui constituait leurs abords. Ce mur, un pan seulement se bornerait aux limites visuelles, ce mur était là, et devait trouver ses fondations, osons, aux temps anciens des bardes. Et pourtant … cette plaine rase, je la connaissais pour l’avoir parcouru cent, mille fois depuis lors de mes beaux jours. Hier encore, mes errances m’avaient emmené bien au-delà, près des côtes. Pourtant … un mur, non une muraille haute de vingt longueurs de bras, digne des frontières de quelque puissant royaume, défigurait mes steppes, balafre millénaire sur le visage d’un centenaire, et s’offrait en réminiscence d’un passé sanglant qui jamais n’avait été. Étais-je fou?
vendredi 12 décembre 2008
Je pense aux barioles vertes du centre étasunien, je pense au Hippie Hill de St-Francis.
J’évoque les vallées sincères de quelque royaume asiatique et je m’y vois, yéti enlainé bravant les franches bourrades d’un hiver que je ne connais pas.
Je rêve des côtes de l’Irlande, me figure ses vieilles pierres moussues, ses mégalithes au cœur clos.
Je ferme l’œil pour y voir mieux, et c’est l’Océan qui perle, lumineux. Les grandes écharpes de mes hivers sont devenues des voiles, et elles bombent le torse, et elles se gonflent ainsi que mon palpitant; je suis à la barre du Plume, en route vers là-bas.
samedi 15 novembre 2008
mardi 11 novembre 2008
jeudi 6 novembre 2008
Ah, et j’ai aussi reçu un courriel de mon BEST FRIEND Pharmaprix (tsé, on a échangé nos emails!) « 20x plus de points à l’achat de cosmétiques ou de parfums ».
mercredi 5 novembre 2008
mardi 30 septembre 2008
Aujourd’hui, le ciel en coupole grise rumine ses pensées coupables, infâme égoïste. Sufjan Stevens, prophète des légers desseins, tu ignores sans doute qu’à cet instant, tu côtois l’astral mystique des grands éléments et que le ciel, ce même ciel douloureux, du menton frôle tes épaules. Romulus sonne en boucle et, véritablement, c’est la communion. Tout ce que je suis s’exprime entre les notes, frayeurs, doutes et convictions, et plus que jamais je suis Thierry, celui des petites circonstances et des vastes cas d’esprit.

vendredi 8 août 2008
Chaque matin, un rituel complexe de gestes posés et de minutie placide me mène de la léthargie au vif, alors qu'est invoqué le liquide brûlant et qu'animé comme à la veille de retrouvailles, je fixe le Loch du viscéral nectar des origines. Et puis, bon, le temps de verser le café dans une jolie tasse (nécessaire), de le travestir du lait et du sucre apocryphes, et de me diriger comme dans un rêve jusqu'au siège de la résurrection, l'instant du soupir se dessine et ... ah voilà. Aaaaahhhh, mais doux, et la cafetière, une vieille amie, replonge dans l'état paisible qui est celui des machines éteintes. À demain, la grande.
Romantisme des rêveries parisiennes, de ces langueurs orgueilleuses où se questionne sans point l'éternel désabusé. Moments déférents où l’homme des cafés noie dans la mousse sa petite cuiller et goûte au pur, car s’il est des bonheurs d’horizon, il en est d’autres d’une simplicité empruntant au viscéral. Comme si elles s’étaient tenu à l’orée de la conscience surgissent alors à pas lents et mesurés les pensées jusqu’alors insaisissables …
- « … Fébrile, je sens le cri des idées libres monter dans mes doigts. Et enfle une liberté bruyante, plus large que le monde. Une sorte de prescience lumineuse enflamme, en un instant, l’arbre des potentialités et une émotion trouble happe mon cœur; un sentiment fait de joie, d’amertume et d’espoir. Je sais alors, je sais que le sentier escarpé de mon existence sera pavé de convictions réelles et authentiques. Impossible alors d’imaginer laisser aux concepts apocryphes un espace qu’ils réclament à grands coups ici ou là-bas. Ma sève est bouillante. »
Herbert mâche et remâche, mastique, écrase et triture avec mélancolie le plat froid de ses espoirs et conceptions. Cette exégèse marmonnée, il l’a eu si souvent au petit Café du Pillard, amer dans son coin, sous une gravure de Brassens, que les quelques employés du Café ne l’entendent plus. Ils connaissent la rengaine et l’associent au féroce pessimisme, bien que les jours de pluie se taillent dans leur esprit, à coups de machettes, les idées sous-tendues par la prose pompeuse d’Herbert. On garde alors une distance avec le troublant, troublé. Troublant noyé dans les fumées d’impressions impalpables et, de ce fait, loin, trop loin des berges du monde réel.
lundi 9 juin 2008
Il y a de ces chansons contre lesquelles on voudrait, pourtant grisés, ne jamais s’être brisé, de ces innocences qui vous font tanguer et vont glaner en vous toute la passion exaltée qui, d’ordinaire, se réserve aux amours affolés. Le silence qui se substitue à la dernière note résonne alors d’une façon assourdissante dans l’âme-même, et s’ensuit un étrange sentiment de vide ; le cœur a cessé de s’agiter pour un instant.
PAPERWEIGHT - Joshua Radin and Schuyler Fisk
STAR MILE - Joshua Radin
lundi 28 avril 2008
L'Hécatombe de la Moustache
Il y a eu drame.
Vers vingt-deux heure trente, le soir du 11 mai, Hubert est tiré des fumées d'un sommeil de jeune mariée. Dans sa chambre, rien ne remue. À la droite, sa tendre moitié semble revivre en rêve, ainsi qu'à toutes les nuits, l'enlèvement brutal de son bichon maltais, survenu seize ans plus tôt. Pourtant, ce ne sont ni les jappements d'Irène, ni ses gestes désordonnés et vaguement canins qui ont réveillé Hubert. C'est plutôt, filtrant par la fenêtre ouverte, un bruit mat et néanmoins distinct qui, à n'en point douter, origine de la petite courette pavée des voisins Pégrimar.
-"Bigre... !"
Hubert, on le dit, à la capacité peu commune de faire une perruque d'un spaghetti. Toutes les occurrences se trouvent amplifiées aux bons soins d'une imagination hypocondre, et, déjà, le pauvre homme conçoit le crime hideux qui, aux couleurs passion du sang, a vu repeindre cette cours si bien entretenue.
À tâtons, il bat la table de chevet à la recherche de ses binocles épais et file à pas feutrés vers le faible carré de lumière de la fenêtre à croisillons. Il tend un œil agité du tic nerveux des mauvaises presciences, et, immédiatement, la voit ...
La cours, démeublée journellement au crépuscule, l'eût encore été si son centre géométrique n'avait, sans la gêne polie qui prévaut ici, été souillé d'une longue moustache à poils blonds et manifestement drus. Se retournant, déçu, Hubert articule : "Une moustache postiche, à n'en point douter", et la fureteuse Irène s'éveille au timbre vibrant de la voix de son mari. Le rejoignant à la fenêtre, l'esprit brouillé, elle lève un sourcil et regarde.
On saura le lendemain matin l'origine du cri perçant qui, vers vingt-deux heures quarante, a réveillé tout le pâté de maison. Irène Frimas a vu la moustache, que ralliaient au centre de la cours des litres d'un sang rouge sombre.
Dans un monde où le média pervers assène quotidiennement au citoyen d’abord pur des images d’une extrême impudeur, il faudrait voir à ne pas s’étonner d’un comportement qui fait toute la saveur de l’Inspecteur Mcfule. Et pourtant … Arrivé vers 7h dans ladite cours par le chemin dallé nippant le flanc droit de la maison des Pégrimar, en fredonnant des airs baroques, Hercule Mcfule avise la longue traîne nuptiale du sang humain et, maintenant rouge, la moustache. Handel aux lèvres, il suit le ru et, s’essuyant les pieds, pénètre dans l'habitation qu’occupe déjà l’escadron des Premiers Constats.
- « Eh, les p’tits gars, reste du café? »
Le cœur à l’orée du bec, c’est le Sergent Wilde, « p’tit gars » en chef, qui répond.
- « Ah, bonjour Inspecteur … z’en trouverez un peu partout, là où j’ai gerbé …
[et bah]
mardi 22 avril 2008
« Quiconque veut sauver la planète doit commencer par arrêter de manger de la viande. C’est le plus important que l’on puisse faire. Quand on y pense, le végétarisme est une approche globale remarquable qui permet de lutter tout à la fois contre les problèmes d’environnement, de la faim dans le monde et de la cruauté envers les animaux. » Paul McCartney
Contre les problèmes environnementaux ... puisque l'élevage massif, en plus d'un gaspillage phénoménal d'eau potable, entraîne des rejets qui amènent une sérieuse pollution des nappes phréatiques et l'émission dans l'air de quantités abominables de méthane, un gaz à effet de serre dont les émissions ont, selon monseigneur mon prof d’écologie, doublé en deux cent ans précisément à cause de l’élevage (et des gaz industriels)!
Contre la faim dans le Monde ... puisque les "gigantesques quantités de céréales et de légumineuses actuellement utilisées pour nourrir le « bétail » des pays riches" pourraient être plus rationnellement utilisées pour contrer la famine persistante dans le Monde. Selon l'onusienne Food and Agriculture Organisation (FAO), pas moins du tiers de la population mondiale souffre de carences alimentaires...
Contre la cruauté envers les animaux ... puisque les animaux que l'on bouffe ou desquels vient une part de notre alimentation ont pour la plupart subi des traitements ... amoraux, froids, sordides avant d'être finalement mené à l'abattoir. Je suis en train de lire "Le Parfum d'Adam", un thriller écologique mettant notamment en scène l'organisation dite terroriste du FLA (Front de Libération des Animaux), et me suis renseigné sur la factualité de l’existence de ce front via le web. Il apparaît qu’elle a un woueb site sur lequel sont répertoriées les actions menées par le FLA et ses tenants, ainsi qu'une foule de photos et vidéos d'horreur témoignant des traitements dégoûtants réservés aux animaux aphones ... Si une partie de la population mondiale n’avait pas l’usage de la parole, ne pourrait pas protester, l’autre partie la mangerait-elle?
Une brèche ...
lundi 21 avril 2008
dimanche 20 avril 2008
mardi 8 avril 2008
D’épaisses mèches sauvages occupent en tortillant les tranchées humides de son vaste corps, bosquets de ronces voraces où s’égare l’humeur humaine, et ce sont les exhalaisons mêmes de l’existence que capte le pif, blessé. Geignent en cœur dans la douce prison de ses aisselles trente six ans d’émotions, brassées, emboîtées, transfigurées et flétries. Mais Marcelle, point tachée, est heureuse. On lui a connu cet amant, un petit sonore, baie vivace rougeoyante d’un bonheur printanier, mais très vite, l’homme a perdu de ses couleurs, et puis, flétri, s’en est allé. Ses joies, sa vive gaieté, elles se perdaient aux maquis inextricables de la Grosse Dame. L’occurrence n’est pas unique; on dit de l’ogresse qu’elle dévore le viscéral de la multitude de ses amants, toujours bas sur cannes, et c’est par dizaines que se comptent les victimes du charme velu. Et ne se tarit pourtant point le flot ininterrompu des homoncules qui s’échouent sur la berge adipeuse, maison avenante d'un village situé par là-bas, et laquelle demeure est occupée jusqu'aux millimètres par la singulière Marcelle qui jamais n'en sort.
Il y a mystère.
Une porte. Une porte déjà ouverte dans le passé et que difficilement on a pu rabattre ; leur vue … de l’autre côté du chambranle se massent nos faiblesses acérées, bien décidées, elles, à traverser. Une porte que l’on ouvre de nouveau, des monstres que l’on voit derechef.
samedi 22 mars 2008
dimanche 24 février 2008
Éphé m
mardi 12 février 2008
mercredi 19 décembre 2007
Les aisselles de Marcelle
lundi 26 novembre 2007
mardi 30 octobre 2007
Partie première

dimanche 28 octobre 2007
Je pense souvent au moment où, un bac et de l’or dans ma besace , je partirai sur les routes du Monde. Je m’imagine prenant le bateau, un bâtiment énorme, en direction de l’Europe, nombril lyrique du corps planétaire, ivre de cette immense lassitude, me préparant en gloussant à coudoyer la cavale le temps de coincer une vérité qui, ici, m’échappe. J'ignore ce que je fabriquerai sur les routes vers lesquelles me mène mon romanesque, et n’est-ce pas là, justement, le plus beau, la voie vers ce qui fréquente une véritable indépendance…
Il me semble, et j’en rie amèrement, il me semble rêver souvent de l'horizon et en oublier de magnifier mon présent, comme si ce n'est que plus tard que devaient se jouer le grand et le diose. Mmmm, oui, une réflexion qu'il convient de pérenniser ici, ce qui, vlan, est chose faite.
vendredi 28 septembre 2007
dimanche 8 juillet 2007
À ma douce et tendre Euphasie.
vendredi 13 avril 2007
Yo quiero un tema- ggigueli
J'ai - un peu - compris pourquoi il me suffit de jeter l'oeil sur le blog pour ne plus vouloir y laisser quelque chose. C'est qu'il est noir! Sauvag-trist-sombr-ement noir. Le ciel se pleue, le fond est noir et toute cette ambiance à la Poe fait des gros yeux à mon esprit en mal de ciel. Non mais, regardez-le, cet esprit. Comment peut-il réagir? Il se cantonne, sur son quant à soi, à des tâches-réflexes. Et moi, mou, je ne peux qu'imaginer ce que serait d'être motivé, souffrant déjà d'une sordide envie de pisser, à laquelle s'adjoint celle d'écrire, toutes deux réprimées par des jambes et un coco en compote. Fichtre. Là, oui, j'écris, mais j'écris sur mon envie d'écrire et mon pas-d'inspi. Ça compte pas alors. C'est comme marcher en rond .... Donnez-moi un sujet, un seul, et je marcherai, et je pisserai, et je serai tout un pommier. S'il-vous-plaît, car ça me plairait.
Sujet.
jeudi 29 mars 2007
lundi 12 février 2007
Envahissons le cambodge!
Nous avons visite ces fameux temples
dAngkor...quoi dire dautre ...admirez!!!
Oui...hum....quand on est deux il est difficile de
prendre des photos...dautant plus lorsque nous
nous activons a faire de la liane a tarzan...
La grande exploratrice dans la jungle...vive le
chapeau a thierry!
Suite dAngkor...ben admirez encore (ouuuuu jeu de mot...)
Cette femme est tres patiente et nous fait gouter
a des etres vivants etranges...des larves...miam
Parade denfants a laquelle nous avons participe
activement...un moment inoubliable.
Des enfants comme on en voit tant...trop cute.
De la bouffe toujours de la bouffe pour Vanessa
et Laurence...notre activite preferee! (ramboutant,
ananas, bananas, mangues, coquille brune, coquille
jaune, coquille mauve...ou shmu inconnus que nous
aimons tant!)
mercredi 7 février 2007
Douce et etourdissante Thailande
Nous tenterons d en mettre d autres au cours de notre periple, mais soyez indulgents...car c est cher et complique.
Amour et aventure
Vanessa et Laurence
vendredi 2 février 2007
...
Nous exécutons ce tour d’équilibrisme tous les soirs depuis deux semaines, et, chaque soir, Laurence me pose la même question. Chaque soir, elle obtient la même réponse. « La Question » ne représente pas une routine ou une habitude, mais constitue plutôt l’expression profonde d’une philosophie qui nous est commune, d’une loi qui régit et régira toujours notre vie, de l’unique manière de sentir que, vraiment, nous vivons, nous existons. Prenant ma main glacée dans la sienne, tout aussi froide, elle pose « la Question » le plus posément du monde :
« Pourquoi tu fais tout ça, Thierry? J’veux dire… qu’est-ce qui te motive vraiment? Tu risques sûrement pas ta vie seulement pour amuser la foule ou pour faire d’l’argent… »
Comme chaque soir, mon cœur se sert à l’idée que derrière ses yeux d’un bleu dur et magnifique, le toc toc d’un pendule a cessé pour un instant. Cette éternité fugace qui sépare la question de la réponse, cette seconde terrible durant laquelle, elle me l’a dit, une existence se joue, effraie.
« Pourquoi je fais ça… je le fais pas pour avoir un sentiment de fierté, d’accomplissement. Je le fais pas pour t’impressionner, ni pour faire de l’effet à la centaine d’inconnus qui me regarde. Je le fais pour… »
Je la laisse continuer.
« … pour sentir, pour voir, ta vie palpiter. Tu le fais pour le moment où t’as fait le dixième pas, que t’es rendu au milieu de la corde, et que tu te vois de l’extérieur! Tu te vois minuscule, en train de relever le défi que tu viens de lancer à ceux d’en haut… À cet instant là, tu te sens, tu te comprends, tu sais où, qui, quand, tu es. »
Et nous replongeons ensemble dans un silence paisible.
Tout en bas, tandis qu’un clown fait le tour de la scène en unicycle, le dresseur fait claquer son fouet, obligeant le lion à faire le beau. De la foule s’échappent des rires et des « Aaaahh! » sonores. Tout cela semble si loin…
« Tu vois comment ton avenir, Laurence? Comment est-ce que t’espères qu’il sera? »
Elle prend le temps de la réflexion, mais je connais bien ses rêves, je sais bien quelles sont ses aspirations. Pourtant, cela me rassure tellement de l’entendre dire qu’elle veut que sa vie ne soit qu’une aventure sans fin, car ce désir correspond en tout point au mien.
« Ah, j’ai envie de goûter à tout, de toucher à tout, de tout essayer, de tout vivre, de connaître à fond le monde dans lequel je vis. J’te dis, j’veux pas perdre une seule goutte de ma vie. J’veux sans cesse vivre impulsivement, intensément. J’veux jamais devoir tenir compte des limites qu’un besoin de sécurité, ou, tout simplement, que… la société… pourrait m’imposer. Ma plus grande peur, Thierry, c’est d’arriver à cinquante ans le cœur plein de regrets. »
L’air est frais comme mon âme. Je me sens, à cet instant, prêt à sauter de notre plate-forme et à m’envoler.
« Laurence… »
Le ronronnement du tambour se met alors à retentir en bas, tandis que le présentateur, mêlant sa voix au rythme affolant de l’instrument, introduit le prochain numéro :
« Et maiiiinnnntenant! Pour le plus grannnnnnd plaisiiiiir de vos yeux, nos deux acrobates vont franchir sur une corde la distance de plus de diiiiiiiiix mètres qui séparent les deux plates-formes! Sachez bien qu’ils vont réaliser cet exploit sans filet! Aaaaapplaudissez les bienn fort! »
C’est à nous.
Il est convenu que je traverserai le premier, assouplissant le câble de mon poids.
Prenant une grande inspiration, je place mon pied gauche, puis mon pied droit, de biais sur le câble, de façon à obtenir le plus de stabilité possible. Montréal, le cirque, le public, Laurence, … plus rien d’autre n’existe que le sentiment puissant qui m’habite. Je suis hors du temps.
Certains meurent en bravant la vie avec effronterie. Moi, je mourrais de ne pas le faire. J’avance donc, confiant, heureux, sentant mon cœur voleter dans ma poitrine, à la manière d’un oiseau pris dans une cheminée. Tandis que je fais le dixième pas, du chaos exaltant qui règne dans mon esprit s’échappe une pensée, une seule : « Je vis! ».
samedi 27 janvier 2007
la Secte des Gens qui Vivent
Je me regarde dans ma tête, et l'image ne colle pas à celle du Thierry qu'il me semblait être autrefois. Les idées ne flottent plus dans mon aquarium comme alors, et il me semble lentement m'approcher de la voie Michelinas. Je n'en suis qu'à quelques pouces, et je ne pleure plus de ne pouvoir réaliser toutes mes envies folles, mais de ne plus les avoir. À quand remonte le dernier jour de pure folie, la dernière véritable éclaircie dans le ciel dangereux de l’homogénéité? J'avais un jour parlé d'un « club », une séance régulière qui nous permettrait à tous de s'envoler de nos vies, de nos responsabilités, et d'aller visiter le firmament de notre liberté. Combien choisissent d'y rester, ou plutôt, combien réussissent à y rester? Tous on le pouvoir d'y aller faire un tour, mais aussitôt arrivés, les solides élastiques qui nous relient au sol se tendent, écorchent nos chevilles, et semblent nous ramener inexorablement vers la morne Terre, à moins d'un effort que peu arrivent à fournir.
J'ai le sentiment que vivre ici-bas, dans ce que l'on pourrait appeler « le gaufrier » équivaut à s'amputer de la majeure partie de notre âme, scalper notre liberté, saper nos possibilités. Pourquoi est-ce que je continue à regretter les folies? Parce que j'ai eu ce raisonnement tellement souvent... celui de me dire qu'un jour viendrait où toute la pression du monde normal, s'abattrait brutalement sur mon dos, m'enlevant toute énergie, m'enchaînant, me contraignant à retourner dans cette file indienne de faux bonheurs, de désirs pré faits, d'amours calculés. Il me semble y être, ou en approcher, et je me rappelle m'être dit qu'à ce moment, je devrais faire tous les efforts pour gagner ma véritable liberté. J'y suis, et j'ai besoin de l'aide de ceux qui, même fugacement, même à mi-voix, partagent mes considérations . Ce dont nous avons besoin, c'est d'une source régulière d'inspiration, un puits de l'énergie colorée des gens libérés.
J'ai l'image d'un triangle, d'un carré, d'une forme géométrique dont tous les points seraient occupés par des humains ouverts, reliés entre eux par un faisceau lumineux, relayant cette énergie sans cesse renouvelée. Nous devons nous unir pour vivre le fortuit et l’aventure, mettre sur papier toutes les idées qui nous passent par la tête et les réaliser. Puiser notre inspiration dans celle des autres. Un cercle, quoi. Une secte, oui, la Secte des Gens qui Vivent. Je ne veux pas finir ma chute dans la fosse commune du moule, je ne veux pas que cette lumière qui nous attire tous comme des moucherons me consume. Je ne veux pas devenir l'un de ces adultes qui ont oublié ce que c'était de vivre Leur vie, et qui préfère vivre la vie du citoyen moyen. Je ne veux pas même devenir adulte. Rester enfant, du moins dans ma tête. Il me semble qu'il nous suffira ensemble de creuser quelques mètres pour mettre à jour l'enfant aux joues roses qui sommeille encore dans le caveau de nos souvenirs, et pour qu'en se réveillant il nous transmette toute sa vie, rosissent nos pommettes, illumine nos yeux. Une folie, une aventure par... semaine? ou par jour? Je ne sais pas, mais pour tenir le coup, il me faudrait véritablement et régulièrement l'inspiration de ceux qui veulent Vivre, comme une séance de méditation, comme une rencontre avec le psy, mais en plus naturel, en plus pur, en plus fructueux. Aurai-je du feedback ? La question me préoccupe véritablement.
lundi 27 novembre 2006
Derniers milles
Je ne sais pas exactement où ses pas le mèneront, et je crois que lui non plus n'en sait pas plus.
Quelle vie tout de même!
Ainsi, comme je l'ai écrit, peut-être n'aurons-nous plus de nouvelles à son sujet d'ici son retour en terre montréalaise, le 15 décembre. Peut-être vous sera t-il impossible de lui envoyer des messages, ou peut-être pas...Quoi qu'il en soit, pensez à lui, votre vieux pot qui erre sac au dos à l'affut d'aventures...car il s'ennui aussi de vous.
Laurence
dimanche 15 octobre 2006
Flibustier des terres
Retour en ville après huit jours dans une forêt paradoxalement touffue pour une contrée aride et désertique. Notre ami ne s’arrêtant jamais, il décide de repartir à l’aventure en compagnie de quelques compagnons de projet dans la très naturelle et paisible ville de Las Vegas...Par ce départ, il brise un serment qu’il s’était fait jadis de ne jamais fouler cette terre de jeu…il le fait donc, non parce qu’il a changé d’avis au sujet de l’endroit, mais plutôt pour vivre, aux côtés de ses amis les citoyens du monde, une nouvelle épopée.
Sinon, son retour en ville signifie aussi un retour dans sa base de Flagstaff, petite communauté hippie où il est encore possible de voir des familles entières de rastas (papa, maman et quatre jeunes enfants fichtrement chevelus) qui continuent à vivre selon les utopies des années ’70. Il semble qu’il est réellement encore possible, à quelques endroits sur la planète, de vivre autrement que dans un petit quotidien stressant où travail et rythme endiablé dictent le cours de notre vie. Cette petite ville qui m’était totalement inconnue jusqu’alors me semble aujourd’hui un petit trésor bien caché au centre de ce vaste territoire américain.
Finalement, étranglé d’un besoin de liberté, Thierry songe fortement à partir plus tôt du projet auquel il est rattaché actuellement pour se lancer toutes ailes déployées dans l’inconnu qui l’entoure… Peut-être même tentera-t-il de traverser la frontière pour se rendre au Mexique, sait-on jamais? Ainsi, non seulement aura-t-il grandement travaillé son englishhhh, mais peut-être aussi nous reviendra-t-il presque trilingue!
Alors buenas aventura senior Thierry
jeudi 12 octobre 2006
Saphir
qui frelatent sans effort une traverse de la foret en costume d'Adam. J'ai tate de ce predateur atone, il y a deux jours, lorsqu'inconscient j'ai allonge mon gigot sur un pic-pic - sordide moment d'impuissance ... Pestant contre mon infortune,j'ai du enfiler une placidite feinte sur mes doigts fremissants et enlever un par un ses aiguillons. Bisque-rage. De maniere globale, j'ai apprecie cette petite vie de huit jours dans le temple du Pur,et en ai profite pour vivre differentes appartees sauvages telles que l'ascension d'enormes monticules de roches. Ah, que ca sentait bon. Mais j'en ai trop dit! Je ne saurai trop que repondre de plus aux courriels que j'ai decouvert avec une joie enorme dans ma boite de reception a mon retour ( Vous etes des geniaux).
lundi 2 octobre 2006
Douceur frigide
rniere ... Hier soir, vers onze heure, j'etais donc assis dans la chaise-qui-berce, jouant tranquillement du Ukulele et ... puisqu'il me faut ramener ce poisson pourri sur la plage de mes souvenirs, m'empiffrant de biscuits organiques (oh!). Une dame assise a la l.t.e.d.d.d.t.s fumait tranquillement sa cigarette en lisant je ne sais quoi. Bref, c'etait mou et leger comme peut l'etre une fin de soiree fraiche ... Bien voila, je me leve, casse de fatigue, pret au repos du guerrier a la retraite, et me dirige vers ma chambrette comble. Me couche. Je pateauge dans les affres d'un sommeil vicieux qui refuse de s'accorder avec la fatigue qui me congestionne ... et puis voila que ca me prend. Une nausee de chocolat, un message clair, en fait. Trop de biscuits. Les yeux et l'etre mous, je cours a pas de cheval vers le trone, m'agenouille devant et attend, souffre. J'ai finalement dormi sur un sofa du living-room, un bol a portee de bouche, et me suis fait surprendre vers les quelques petites heures du matin par un groupe de Siscoins , revenant de je ne sais ou, completements bourres et toujours sur le parte... Fichtre. Quelle nuit. Et ce matin, vers 6h30 une quinzaine de personnes partant pour Monument Valley se rejoignaient, non d'une pioche, dans ledit living-room de mes deboires stomacals - a ceux et celles qui diront "rondidju, pokwe ktu vo po din c'trip lo aek eux,man, torais du!", je repondrai "on m'la propose y'a deux jours et, comme un abricot obtus, j'ai refuse, espagnol oblige" et ajouterai sans doute, apres un moment de recueillement, " RAAAH!". Ainsi, ma nuit fut merdique, et me voila, vivant mais sans vigueur, contemplant le gras d'un homme gras qui deborde sans pudeur de sa chemise.Moment berbere. "AYAYAYAYAYAYA".
dimanche 1 octobre 2006
Lubarde satyrique














lundi 18 septembre 2006
Ceci est son corps, livré pour vous...
Cette fresque est gracieusement offerte à tous ceux qui désirent se reconnecter au monde romanesque de monsieur T, tandis que celui-ci se consacre à de grandes aventures.
Alors, lorsque vous serez tristes, vous sentirez seuls ou en manque de ce joyeux compagnon, ces clichés seront à votre disposition. Souriez, pensez à notre ami qui s'occupe de sa petite nature et...pourquoi pas lui écrire un petit mot?
jeudi 24 août 2006
Flagstaff, Arizona
Départ : 16 septembre 2006
Retour: 15 décembre 2006


jeudi 3 août 2006
----------------------------
« Tombera… tombera pas …» . Je regarde à l’horizon et je vois le Mordor, ce moment sublime ou abjecte, qui n’en finit plus de décharger sur la tête d’individus des salves tantôt noirâtres, tantôt blanches comme le blanc. Et la file progresse trop vite. J’ai la vive impression que c’est bientôt sur moi que la Vie vomira sa sentence catégorique quant à la jupette de mon avenir… Il me faut pourtant tenir en équilibre, ne pas tomber dans cette soupe au bouillonnement dangereux, sinon j’irai contempler les bas-fonds d’une vie sans éclat… C’est maintenant et déjà que se pave l’allée des futurs possibles... Serai-je un moi postiche au reflet discordant ou alors le Moi chaud qui rythme craintivement mon cœur, attendant le déclic merveilleux qui le propulserait aux commandes de mon corps et de ma vie…?
dimanche 16 juillet 2006
grmbl
jeudi 13 juillet 2006
.
J'en étais venu à la conclusion que tous les bédéistes étaient Européens. Arleston… Gotlib… Goscinny… Y avait-il un bon dieu d’auteur dont le nom ne rappelait pas l’Europe et ses saisons? N’existait-il pas un Paul Gosselin au talent immense qui saurait vidanger l’huile de mon apriorisme ? Et plu
s je laissais mon esprit vagabonder, plus il s’éloignait des steppes arides de mon agacement. Au loin, un bosquet, et puis s’ouvraient aux regards les milles brins d’une vallée verdoyante. Soudain, le blanc. Toutes ces idées que j’avais cru faire prisonnières s’échappaient en masse par la brèche qu’avait ouverte cet événement impromptue dont je tairai la véritable nature (manque d’intérêt). On fuyait donc ma table ! Et moi qui espérais un souper mémorable en tête à tête avec mon esprit … Moi qui désirais tant écrire, me purger du fiel quotidien par les mots, je me retrouve nez à nez avec ces lignes inertes, reflétant à merveille ma profonde apathie. J’ai beau gratter les parois intérieures de mon crâne jusqu’à ce qu’elles s’effritent, aucune étincelle n’enflamme tout ce bon combustible impatient… « . » .
samedi 1 juillet 2006
un saint-joseph tout confort
Un auteur, MON auteur, L’auteur ultime, Gabriel García Márquez soutient avoir le syndrome de la page blanche. J’imagine qu’à soixante-dix-huit ans, avec près d’une vingtaine de bonbons à son actif, et un passé si riche que s’en sont inspirés la plupart de ses récits, on peut se permettre de faire un coup aussi vache à ses lecteurs, lesquels se disent avec horreur qu’une fois la bibliographie actuelle visitée, le monde de Garcia Márquez s’éteindra dans l’imaginaire comme une page lardée de plomb que l’on tournerait. Évidemment, je suis conscient qu’il n’y est pour rien, qu’il souffre lui aussi de l’abomination, bien callé entre deux coussins, mastiquant la jambe de sa pipe et ressassant des souvenirs heureux et malheureux, fictifs ou réels, des souvenirs qui, certains, ne sont pas les siens, mais ceux des Macondiens de son univers. Il est vrai que l’homme, bouleversant les règles de la géographie, a créé sa propre ville, Macondo, levain d’histoires à l’image de sa vie intérieure. Non mais quel exutoire, tout de même! Une arène possédant des frontières qui ne seraient définies que par celles de son imagination, un monde dans lequel faire galoper ses craintes, ses désirs, les voir copuler puis connaître leur fin tragique, au lieu même de subir cette fin dans le monde tangible. Le monde bibliographique du Gabriel vibre à la fois de ses désirs, de ses espoirs, de ses peines et de ses ambitions, les coins arrondis d’un fantastique délectable. C’est comme si l’homme avait véritablement voulu faire de son œuvre la quête de sa propre compréhension… « Comment réagirais-je dans telle circonstance… » , et il s’y place, par l’entremise d’un personnage de fiction. Génial! Ah, je n’oublierai jamais cette nouvelle merveilleuse, d’une prose littéraire à s’en lécher les… yeux, dans laquelle une jeune femme se piquait au doigt en tenant une rose… et mourait au bout de son sang… Un fantastique tragique, une ode à l’intensité de l’amour, une dizaine de pages qu’il vous faudra lire… ----------------------------------
« Victoire, j’ai réussi à faire fonctionner le téléphone! », annonce sarcastiquement ma mère à mon père, après qu’elle eut livré la plus âpre des batailles au plus cruel des généraux, celui de l’électronique, incarné en la personne – ou l’objet – du système-radio du salon, et qu’elle fut contrainte de se retirer la queue entre les jambes, restant sur sa soif musicale.
----------------------------------
Un texte, c’est une sauce aux arachides que l’on n’a jamais fini de mélanger… Il me semble effectivement que satisfaction et point final ne s’accordent que très rarement…
mardi 20 juin 2006
Jouer d'une clarinette du Sud
lundi 19 juin 2006
demoiselle de Numidie
La maman est jalouse. Elle ne veut pas voir ses petits quitter le nid... jamais. Elle les couve, et les couvera toujours, les gardant oui des prédateurs, des intempéries, de la faim, mais aussi de l'effervescence, de l'aventure, de milles découvertes, de l'excitation du mystère, des rencontres métamorphosantes, et, finalement, de la découverte du soi. D'un point de vue purement méthodique, la vie pourrait vraisemblablement se diviser en étapes, ou en plateaux balisés, battus par les pas de milliards d'individus. Je nais, je vais à la garderie, puis à l'école primaire et secondaire. Vient ensuite le CEGEP, l'Université. J'ai vingt-cinq ans, une jobine, une portée de diplômes, et une jolie route devant moi, bordée d'individus gris portant t-shirts et casquettes aux couleurs du Monde en place, agitant des drapeaux made in china et sifflant dans des sifflets made in Japan. « Allez! Vas-y! T’es capable! » De quoi? De te ressembler, de me perdre, de m’oublier, pour devenir un numéro d’assurance sociale?
Notre monde tend dangereusement à s'uniformiser, accouchant sans cesse de mécanismes assurant la stagnation de la sécurité. Les modes peuvent changer, les gouvernements aussi, mais restera toujours le poison de l'affiliation. Je suis, donc je dois t'être ressemblant. Marcher à quelques écarts près dans la même route que toi, et redouter le marteau qui, continuellement, menace de s'abattre. Nous sommes ces Gaulois. J'ai toujours l'image d'un circuit, d'un trait plus ou moins droit, d'une longue file d'insectes individuellement convaincus, du fait de leur petitesse, que s'éloigner de la colonne, c'est courir à sa perte. J'en vois une, celle que l'on identifie du nombre 1967543, car cinq cents millions de ses semblables sont affublées du même nom : Gérard Louvain, j'en vois une qui s'éloigne, curieuse, et marche une centaine de pas à l'écart du groupe, ELLE EST INDÉPENDANTE, FANTASTIQUEMENT LIBRE, puis... elle retourne prendre sa place dans le troupeau. Et cette réalité — elle en possède tous les traits — m'ÉCOEURE. Je l'abhorre. La refuse. Je veux la défigurer, la... transfigurer, en faire une illusion, ce qu'elle n'a jamais cessé d'être, malgré toutes les apparences, malgré tout. Je ne veux d’aucune utopie, je veux d’une réalité qui correspond à mes aspirations primaires, je veux voir les cinq milliards d’êtres humains qui, comme moi, rêvent secrètement de s’ouvrir le crâne et d’assembler une par une les pièces de leurs rêves pour en faire une maison chaleureuse, qui leur correspondrait en tout point, je veux les voir arracher leur cravate, jeter leur sacoche, détruire leurs converses, arracher leurs studs, jeter vêtements et appartenance pour qu’enfin leur moi ne correspondent pas qu’à une apparence. Je veux voir les buildings se vider et les rues se remplir de gens allègres, de gens biens à l’intérieur, à l’extérieur, sous toutes les coutures. Je veux voir les gens muer, jeter leur vieille peau d’être humain prisonnier du conformisme et des autres. Je ne veux pas les voir feindre un amour universaliste ou scander des slogans nivelants, histoire de faire croire que « tout le monde il s’aime et que tout le monde il est pareil ». Non. Je veux voir les gens courir en tous sens, réaliser leurs rêves, assouvir leurs désirs, faire de l’état de nature non pas un état de guerre, mais un état de paix, de partage, de tolérance. Je veux voir des oreilles pousser en dedans, histoire d’écouter l’adolescent rachitique qui n’a jamais cessé de tendre le bras entre les barreaux de sa cage.
Mais je veux d’abord une chose : me libérer, moi, individu quelconque, de toute la crasse qui me recouvre, et ne jamais, jamais, accepter de cage aussi dorée, belle, soit-elle. Mon adolescent à moi n’est pas encore maigre, le vôtre non plus. Il s’agit de le nourrir maintenant et de lui donner les moyens d’assurer lui-même sa subsistance. Il faut trouver un joli coin de la forêt du suivisme, en faire un abatis, brûler les souches de la constriction et lancer de pleines poignées des graines miraculeuses dont notre tête s’emplit journellement.
Un club, donc?
dimanche 18 juin 2006
Édimbourg
Je luis et me questionne. Comment tirer le maximum de jus de ces deux phrases? Elles me plaisent pour une raison que j'ignore. En fait, il s'agit d'une image. J'aimerais comparer une situation à la pissette du dragon, mais quel état vaut le chatoiement de cette figuration? Ou alors, selon l'appréciation, comment donner vie au terne de la proposition? Je luis et me questionne toujours. Si la lumière se réfléchit sur votre front lustré, faites m'en part! 'rci
Voilà donc la suggestion :
" [...]à la manière de ce dragon qui se réveille pour pisser tout les mille ans et terrorise ce qui l’entoure l’espace d’une petite commission. Il fait régner la terreur jusqu’à ce qu’ait disparu toute résistance, puis le sommeil le terrasse à nouveau. "
Bicyclette, tu as emprunté mon coeur
Merveilleux vestige des années soixante, n'est-il pas? Je l'ai trouvé, vous m'en croirez si vous voulez, dans une poubelle du mignard patelin de Saint-Jean-Port-Joli ,il y a de cela quelque semaines! Je l'aurait marié et, portez-moi en gloire, fertilisé, si l'on m'en avait laissé la chance. Coup de foudre. C'est un engin splendide, digne ... Ciboulette, destin rude, voiture trop peu magique! Si je possédais la bagnole des Weasley, je rapporterais toutes les merveilles que l'on trouve en région, abandonnées sur le bord d'une route terreuse, à la merci du temps et du vent. Cruauté! Si un jour je trouve un tapis magique, je t'emmène manger une pomme en chine, d'accord?
----------------------------
Par ailleurs,
voici l'adresse d'un dictionnaire virtuel franchement égayant: http://www.crieur.com/ . Ce qui le rend si fluvial? C'est un dictionnaire purement subjectif! Des définitions jeunes, cocasses, dont certaines frisotent le poil mais qui, toujours, poussent à la réflexion et amènent un point de vue nouveau, éclairant telle ou telle réalité sous un angle intéressant. Moi, en tout cas,
ça me vivifie! Allez donc vibrer vous aussi, promenez-vous-toi!
Rouar.
La mamelle d'or et les cheveux gras.
----------------------------
Grand-Papa Roland et Grand-Maman Marcelle! Aujourd'hui décédés l'un et l'autre, mais visiblement pétillants de vie sur la photo, laquelle fut, sans doute, prise dans les années '40. Cette photo m'est cocasse, l'histoire l'est moins. À l'époque, le peu de moyens était tel que mes grands-parents se déplacaient à moto, histoire d'économiser sur l'essence...! Admirez l'insouciance de leurs traits, remarquez leurs pores exfoliés par le grand air, respirez l'amour traditionnel d'un couple de bons chrétiens...samedi 17 juin 2006
Me r'v'là
Retour. On croirait que j’ai de l’eczéma, c’est chavirant. Les petites m’ont arraché le bas du dos et vallonné généreusement le bras gauche, tandis que le soleil s’est appliqué à m’étendre une épaisse couche de cancer sur le visage. Ma conclusion est la suivante… le canot-camping, c’est pas pour moi! Fichtre que c’est monotone… un coup de pagaie de niveau 5 (sur l’échelle de force des coups de pagaie (heum)), puis de niveau 4, puis de niveau 3… jusqu’à moins 66, car alors monsieur le diable se tanne et m’assène un vigoureux coup de corne dans le lobe, me précipitant de ce fait et à nouveau au niveau 5, et blablabla. Pourtant, saperlotte que c’est stimulant de se retrouver une fois de plus loin de notre cloche à fromage, de respirer la fiente de huard et d’avaler celle des poéssons. J’ai encore le tendre souvenir d’une eau fraîche, merveilleusement piquetée des mille étoiles du rebut gastrique de ces gentils ovipares… Le soir, une douce brise agitait la couverture bourdonnante de nos amies, les forçant sinon à s’en aller, du moins à hâter leur saisie. Il est cependant vrai que l’on ne se sent vivre qu’une fois loin du contexte routinier. Libre… J’ai enfin eu ce sentiment d’autonomie, d’indépendance totale, le même qui, ordinairement, ne me semble être qu’une impression fugitive. Vivre libre… Il faut bien quitter, ne serait-ce que brièvement, l’enclot urbain pour tâter d’une liberté pourtant déjà acquise (j’affirme, au risque de déplaire à ces grands messieurs de la philosophie). Cesser d’être un mouton pour devenir… un poisson! Mon compagnon de canot m’a parlé, hier, d’un ami qui vivait en commune dans la forêt, vivant de la chasse, de la pêche, de la cueillette (à voir..!)… c’est donc possible! L’homme n’a que vingt-quelques années et apprend que ce l’on a désappris, l’autonomie TOTALE, ABSOLUE. Je suis flabergasté. Aurais-je le courage?
p.s. : Chère amie, vomissez. Vos remontrances en ce qui a trait à l’orthographe de mes libations tactiles me contrarient vivement.
mardi 13 juin 2006
Sélé
C'est bien beau parler pour ne rien dire, mais ma campagne contre l'ennui comporte également un visage disont plus physique... il me faut m'activer! Courir, giguer, danser, me ruer sur l'action! tout à l'heure (j’avais écrit « tout aleur », pouah!), croyez-le ou non (je te vouvoierai, lectorat fictif), j'ai technodansé devant mon miroir à m'en humidifier le front (je me trouvais si désirable)! Quelle source féerique d'excitation endogène (oui, ce mot ressemble beaucoup trop à androgyne pour être recyclé)!Sur ce, à bientôt foule indigente!













