dimanche 14 décembre 2008

N’eût-il pas dû être une hallucination, le reflet de quelque fantasme psychologique au sens opaque? Une telle occurrence n’en pouvait être une, et cependant … cependant lorsque l’on touchait, il y avait le dur, le frais; s'en dégageaient les relents acres d’un passé séculaire, et les pierres moussues semblaient, véritablement, communier avec ce qui constituait leurs abords. Ce mur, un pan seulement se bornerait aux limites visuelles, ce mur était là, et devait trouver ses fondations, osons, aux temps anciens des bardes. Et pourtant … cette plaine rase, je la connaissais pour l’avoir parcouru cent, mille fois depuis lors de mes beaux jours. Hier encore, mes errances m’avaient emmené bien au-delà, près des côtes. Pourtant … un mur, non une muraille haute de vingt longueurs de bras, digne des frontières de quelque puissant royaume, défigurait mes steppes, balafre millénaire sur le visage d’un centenaire, et s’offrait en réminiscence d’un passé sanglant qui jamais n’avait été. Étais-je fou?

Lorsque, dans notre mièvre existence, survient le rocambolesque, ennemi juré du prosaïque, toutes les chaînes qui préviennent l’envol se tendent et une seconde, brève, nous croyons aux fées ...


1 commentaires:

Anonymous Anonyme a dit...

tu écris remarquablement bien Thi.

J'aime.

dimanche, 15 février, 2009  

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