samedi 27 décembre 2008

Montréal oublie ses manières lorsqu'elle a froid, et la violente chaleur des masses se mêle aux incivilités citadines en un tout immonde de pestilence. Le métro, armature urbaine, trésaille en douleur ainsi que mes silences obligés; c'est long, je voudrais vagir mon ennui, un dégoût certain et la peur qui paralyse tout le mystique et fort qu'eut pu contenir ce corps. Je n'en fais rien et cesse d'être le temps des dix stations, en apnée sous ma ville.

dimanche 14 décembre 2008

N’eût-il pas dû être une hallucination, le reflet de quelque fantasme psychologique au sens opaque? Une telle occurrence n’en pouvait être une, et cependant … cependant lorsque l’on touchait, il y avait le dur, le frais; s'en dégageaient les relents acres d’un passé séculaire, et les pierres moussues semblaient, véritablement, communier avec ce qui constituait leurs abords. Ce mur, un pan seulement se bornerait aux limites visuelles, ce mur était là, et devait trouver ses fondations, osons, aux temps anciens des bardes. Et pourtant … cette plaine rase, je la connaissais pour l’avoir parcouru cent, mille fois depuis lors de mes beaux jours. Hier encore, mes errances m’avaient emmené bien au-delà, près des côtes. Pourtant … un mur, non une muraille haute de vingt longueurs de bras, digne des frontières de quelque puissant royaume, défigurait mes steppes, balafre millénaire sur le visage d’un centenaire, et s’offrait en réminiscence d’un passé sanglant qui jamais n’avait été. Étais-je fou?

Lorsque, dans notre mièvre existence, survient le rocambolesque, ennemi juré du prosaïque, toutes les chaînes qui préviennent l’envol se tendent et une seconde, brève, nous croyons aux fées ...


vendredi 12 décembre 2008

Je meurs de la vivre en cavale, idiot partout qu’ici; sans fuir, pour exister furieusement. Pour un temps, le temps d’Être un brin.

Je pense aux barioles vertes du centre étasunien, je pense au Hippie Hill de St-Francis.

J’évoque les vallées sincères de quelque royaume asiatique et je m’y vois, yéti enlainé bravant les franches bourrades d’un hiver que je ne connais pas.

Je rêve des côtes de l’Irlande, me figure ses vieilles pierres moussues, ses mégalithes au cœur clos.

Je ferme l’œil pour y voir mieux, et c’est l’Océan qui perle, lumineux. Les grandes écharpes de mes hivers sont devenues des voiles, et elles bombent le torse, et elles se gonflent ainsi que mon palpitant; je suis à la barre du Plume, en route vers là-bas.


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