samedi 26 décembre 2009

L'inéluctable est une brume somnolente.

Le navire s'enfonce lentement dans la léthargie des flots, moribond au coeur de l'onde, et n'a plus de ces élans d'assoiffé qui tancent dans la déroute. Il meurt suivant le calme des heures sans fond.

Le sable de la grève a quitté ses regards comme on fuit en soudain, et son corps et ses hanches et ses mains sont perdus.

Le navire désavoué dans une multitude de silences, dans l'ailleurs éthéré. Au coeur de l'onde.

mardi 15 décembre 2009

Le vieillard retire sa casquette de laine et la met à sécher sur le banc de bois, près de l’âtre, où rougeoient encore quelques braises franches. Il suspend à un large crochet de fer son pardessus, vieille créature qui en a vu d’autres. Il garde encore un peu ses vieilles bottes résolues; le sol est froid.

Dans cette cabane du bord des eaux, l’hiver s’invite et persiste. Ne l’en déloge qu’une flambée ferme.

L’homme s’active avec un large soufflet et bientôt flammèche le feu hébété. Une brave chaleur s’étire en larges foulées dans la cabane où s’étend l’état des choses assises. Le vieux penseur se gratte le ventre, calmement heureux. Il retire ses bottes et se cale confortablement dans un fauteuil aux airs de bonheur.

La soirée sera longue et belle.
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